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Pratchaya Phinthong
“Give more than you take” 2010

nom de domaine:
www.givemorethanyoutake.net
www.donneplusquetuprends.net
genre: oeuvre de Pratchaya Phinthong
technique: html5 avec jquery et php
équipement recommandé: safari, google chrome
date de livraison: 5 décembre 2010
type d’exploitation prévue: accès gratuit et libre
durée d’exploitation prévue: 1 an
création graphique: Vier5
development: Stefan Zetzsche


commissariat: Pierre Bal-Blanc (CAC Brétigny) Alessandro Rabottini (Gamec, Bergamo)

coproduction CAC Brétigny / Gamec Bergamo, 2010
courtesy gb agency, Paris


Pratchaya Phinthong invité par le CAC Brétigny et le musée Gamec de Bergame à réaliser une
résidence de deux mois à Paris pour mettre en place son projet a choisi de consacrer ce
temps en Laponie suédoise plutôt qu’au coeur de la capitale culturelle française. Les oeuvres
qui procèdent de cette résidence nordique écartent non seulement le lien matériel à ce
territoire sauvage, mais également tout rapport formel issue de cette expérience personnelle
en déléguant leur agencement dans l’espace physique aux commissaires des expositions et
pour cet espace virtuel aux designers graphiques Achim Reichert et Marco Fiedler (Vier5).

“Give more than you take” est le titre des deux expositions qui auront lieu successivement à
Brétigny et à Bergame, c’est aussi le nom donné au site internet qui archive l’ensemble du
matériel visuel produit par l’artiste pendant son séjour au nord. Le projet consistait pour lui à
réussir à se faire recruter à Bangkok par une entreprise d’exportation de mains d’oeuvre pour
le ramassage saisonnier des mûres polaires qui parsèment les immenses forêts à un moment
où une crise sans précédent éclatait dans la presse thaïlandaise et suédoise. La saison
passée 200 ramasseurs thaïlandais s’étaient mis en grève pour dénoncer les conditions
ignobles imposées aux travailleurs saisonniers. Exploités par des intermédiaires sans
scrupules et des entreprises locales indifférentes envers les droits de ces travailleurs, les
cueilleurs asiatiques sont soumis aux règles d’un capitalisme sauvage qui se reconstitue
saison après saison dans ce territoire encore vierge.


www.cacbretigny.com
www.gamec.it
www.gbagency.fr
www.vier5.de


contact@givemorethanyoutake.net





Pratchaya Phinthong
“Give more than you take” 2010

Les sociétés ont progressé dans la mesure où elles-mêmes, leurs sous-groupes et enfin leurs
individus, ont su stabiliser leurs rapports, donner, recevoir, et enfin, rendre. Pour commencer,
il fallut d’abord savoir poser les lances. C’est alors qu’on a réussi à échanger les biens et les
personnes, non plus seulement de clans à clans, mais de tribus à tribus et de nations à
nations et – surtout- d’individus à individus. C’est seulement ensuite que les gens ont su se
créer, se satisfaire mutuellement des intérêts, et enfin les défendre sans avoir à recourir aux
armes. C’est ainsi que le clan, la tribu, les peuples ont su - et c’est ainsi que demain, dans
notre monde civilisé, les classes et les nations et aussi les individus doivent savoir –
s’opposer sans se massacrer et se donner sans se sacrifier les uns aux autres. (Marcel Mauss,
Essai sur le don, 1925)

Pratchaya Phinthong invité par le CAC Brétigny et le musée Gamec de Bergame à réaliser une
résidence de deux mois à Paris pour mettre en place son projet a choisi de consacrer ce
temps en Laponie suédoise plutôt qu’au coeur de la capitale culturelle française. Les oeuvres
qui procèdent de cette résidence nordique écartent non seulement le lien matériel à ce
territoire sauvage, mais également tout rapport formel issue de cette expérience personnelle
en déléguant leur agencement dans l’espace physique aux commissaires des expositions et
pour cet espace virtuel aux designers graphiques Achim Reichert et Marco Fiedler (Vier5).

“Give more than you take” est le titre des deux expositions qui auront lieu successivement à
Brétigny et à Bergame, c’est aussi le nom donné au site internet qui archive l’ensemble du
matériel visuel produit par l’artiste pendant son séjour au nord. Le projet consistait pour lui à
réussir à se faire recruter à Bangkok par une entreprise d’exportation de mains d’oeuvre pour
le ramassage saisonnier des mûres polaires qui parsèment les immenses forêts à un moment
où une crise sans précédent éclatait dans la presse thaïlandaise et suédoise. La saison
passée 200 ramasseurs thaïlandais s’étaient mis en grève pour dénoncer les conditions
ignobles imposées aux travailleurs saisonniers. Exploités par des intermédiaires sans
scrupules et des entreprises locales indifférentes envers les droits de ces travailleurs, les
cueilleurs asiatiques sont soumis aux règles d’un capitalisme sauvage qui se reconstitue
saison après saison dans ce territoire encore vierge.

À l’exemple de l’oeuvre “tod tee sweden mend thung mor-chit” produite successivement dans
les deux expositions sur la base des quantités de kilo de baies sauvage ramassées
quotidiennement par l’artiste et transmises aux commissaires par sms afin de réunir les
mêmes quantités d’objet et de matériaux de rebus présents dans les environnements propres
à chaque lieu, le site internet givemorethanyoutake.net est conçu par les designers et
programmeurs à partir du poids des fichiers transmis par l’artiste. Les montants
correspondants au téléchargement des images fixes ou animées guident l’internaute dans une
errance qui rejoint celle éprouvée par les cueilleurs glaneurs thaïlandais soumis aux
conditions primitives de la forêt polaire.

La consultation de cette oeuvre sous forme de site internet qui n’existera que durant
l’intervalle de temps entre les deux expositions au CAC Brétigny et à Gamec Bergamo est
vouée à disparaître, il ne devrait subsister de cette oeuvre une fois mise hors ligne qu’un
fantôme du site web dans la mémoire du réseau internet.
Avec cette oeuvre et celle présente dans les expositions Pratchaya Phinthong exhume les
signes archaïques qui fondent notre société des échanges mondialisées pour exposer la
menace du massacre et du sacrifice qui fait retour au coeur des systèmes marchands les plus
sophistiqués quand l’équilibre du don et du contre don n’est pas respecté.

Le processus symbolique primitif ne connaît pas la gratuité du don, il ne connaît que le défi et
la réversion des échanges. Lorsque celle-ci est brisée, précisément par la possibilité
unilatérale de donner (qui suppose celle de stocker de la valeur et de la transférer dans un
seul sens), alors la relation proprement symbolique est morte, et le pouvoir apparaît : il ne
fera que se déployer ensuite dans le dispositif économique du contrat. ( ) rien n’est jamais
sans contrepartie, non pas au sens contractuel, mais en ce sens que le procès de l’échange
est inexorablement réversible. (Jean Baudrillard, L’échange symbolique et la mort, 1976)

commissariat: Pierre Bal-Blanc (CAC Brétigny) Alessandro Rabottini (Gamec, Bergamo)
coproduction CAC Brétigny / Gamec Bergamo, 2010
courtesy gb agency, Paris

dossier de presse



Pratchaya Phinthong
“Give more than you take” 2010

domain name:
www.givemorethanyoutake.net
www.donneplusquetuprends.net
type: artwork by Pratchaya Phinthong
technical: html5 with jquery & php
equipment: safari, google chrome
delivery date: December 5 2010
type of exploitation: free access
duration of exploitation: 1 year
graphic design: Vier5
development: Stefan Zetzsche


Curators: Pierre Bal-Blanc (CAC Brétigny) Alessandro Rabottini (Gamec, Bergamo)

Coproduction CAC Brétigny / Gamec Bergamo, 2010
Courtesy gb agency, Paris


Pratchaya Phinthong was invited by CAC Brétigny and GAMeC in Bergamo to do a two-month
residency in Paris to realise his project; instead he chose to spend the time in Swedish Lapland
rather that in the French cultural capital. The works made during this Northern residency
distance themselves not only from any material link with this wilderness but also from any
formal rapport born out of this personal experience since he delegates their display to the
exhibition curators in the physical spaces and to the graphic designers Achim Reichert and
Marco Fiedler (Vier5) in the virtual space.

“Give more than you take” is the title of both expositions in Brétigny and in Bergamo; it is also
the name given to the website that archives all the visual material the artist has produced
during his Northern stay. For him, the project consisted in managing to be recruited by a firm
in Bangkok specialised in exporting workforce for the seasonal harvest of polar berries spread
over vast forests, at a time when an unprecedented crisis had broken out in Thai and Swedish
press. During the previous season, 200 Thai pickers had gone on strike to protest against the
terrible conditions imposed on season workers. Exploited by unscrupulous intermediaries and
local firms completely indifferent to workers’ rights, the Asian pickers are repeatedly
subjected, season after season, to the ruthless rules of capitalism in this virgin territory.


www.cacbretigny.com
www.gamec.it
www.gbagency.fr
www.vier5.de


contact@givemorethanyoutake.net





Pratchaya Phinthong
“Give more than you take” 2010

“Societies have progressed insofar as they themselves, their sub-groups and individuals, have
learnt to stabilise their exchanges, give, receive and, finally, return. At the beginning, it was
essential to learn to lay the spears aside. Then it was possible to exchange goods and people,
not only between clans, but also between tribes and between nations and –above all- between
individuals. Only then did people learn how to create mutual interests, giving mutual
satisfaction, and, in the end, to defend them without having to resort to arms. Thus the clan,
the tribe, and peoples have learnt –and thus tomorrow, in our civilised world, classes and
nations and also individuals need to learn- how to oppose and to give to one another without
sacrificing themselves to one another.” Marcel Mauss, The Gift, 1925

Pratchaya Phinthong was invited by CAC Brétigny and GAMeC in Bergamo to do a two-month
residency in Paris to realise his project; instead he chose to spend the time in Swedish Lapland
rather that in the French cultural capital. The works made during this Northern residency
distance themselves not only from any material link with this wilderness but also from any
formal rapport born out of this personal experience since he delegates their display to the
exhibition curators in the physical spaces and to the graphic designers Achim Reichert and
Marco Fiedler (Vier5) in the virtual space.

“Give more than you take” is the title of both expositions in Brétigny and in Bergamo; it is also
the name given to the website that archives all the visual material the artist has produced
during his Northern stay. For him, the project consisted in managing to be recruited by a firm
in Bangkok specialised in exporting workforce for the seasonal harvest of polar berries spread
over vast forests, at a time when an unprecedented crisis had broken out in Thai and Swedish
press. During the previous season, 200 Thai pickers had gone on strike to protest against the
terrible conditions imposed on season workers. Exploited by unscrupulous intermediaries and
local firms completely indifferent to workers’ rights, the Asian pickers are repeatedly
subjected, season after season, to the ruthless rules of capitalism in this virgin territory.

Successively in both exhibitions, “tod tee sweden mend thung mor-chit” is produced according
to the amount of kilos of wild berries picked daily by the artist, transmitted by sms to the
curators who then gather the same weight in objects and disposable items available in their
actual vicinity. In the same way, the website givemorethanyoutake.net is conceived by the
designers and programmers according to the files forwarded by the artist. The amounts in
kilo-octets corresponding to the download of fixed and animated images guide the internet
user to wander rather like what the Thai workers experienced when subjected to the primitive
conditions of the polar forest.

It will only be possible to consult this artwork on the web in the period between the two
exhibitions at CAC in Brétigny and GAMeC in Bergamo, after which it is destined to disappear. A
ghost of the website embedded in the memory of the network will be the only remains of this
work once it is taken offline. With this work and those shown in the exhibition, Pratchaya
Phinthong excavates archaic signs at the basis of our society of global exchange to underline
the threat of massacre and sacrifice that is returning at the heart of the most sophisticated
market systems when the balance between the gift and the return gift is not respected.

“The primitive symbolic process does not know of free gift, it only knows of challenge and
reciprocity of exchanges. When that is broken, precisely by the unilateral possibility of the gift
(which assumes stocking value and transferring it only in one direction), the actual symbolic
value is dead and power appears: this will then unravel in the economic set up of the contract.
( ) Nothing is ever without a counterpart, not in the contractual sense, but in the sense that the
exchange process is inexorably reversible.”
(Jean Baudrillard, Symbolic Exchange and Death, 1976)

curators: Pierre Bal-Blanc (CAC Brétigny) Alessandro Rabottini (Gamec, Bergamo)
coproduction CAC Brétigny / Gamec Bergamo, 2010
courtesy gb agency, Paris

press release



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